Investir en bourse avec un petit budget ? Est-ce possible ?

Olivier De Vitton07/06/22 (mise à jour il y a 3 semaines, 2 jours)bourse, investir, budget, etf, srd, effet de levier, courtier

Investir en bourse avec un petit budget ? Est-ce possible ?
Investir en bourse avec un petit budget ? Est-ce possible ?

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C’est une question récurrente chez les investisseurs débutants. On peut en effet se demander à partir de quelle somme il est possible d’investir en bourse. Aujourd’hui, environ 4 millions de Français détiennent des actions en bourse, tous ne sont pas fortunés et on peut commencer à boursicoter avec un budget assez modeste !  Nous estimons que l’on peut commencer à partir de 2 000 euros, et préférablement autour de 5 000 à 10 000 euros. Mais soyons honnêtes, l’argent va à l’argent, plus vous en avez et plus vous pouvez vous en faire facilement. 
Avec un petit budget, il faut donc savoir où l’on met les pieds et réfléchir en amont à une stratégie à tenir. 

La performance compte avant tout mais attention aux risques des petits portefeuilles

Il est vrai que la réussite boursière ne dépend pas du montant initial investi en bourse, mais de la réussite de vos placements et trades. Néanmoins, pouvoir investir dans de bonnes conditions est essentiel pour ne pas voir son portefeuille fondre et disparaître en période de crise boursière. 

De plus, disposer d’une somme modeste sur son compte-titre engendre souvent des conséquences négatives dont il faut se méfier : une sur-incidence des frais de courtage, le recours imprudent aux effets de levier, l’impossibilité de bien se diversifier

L’incidence des frais de courtage 

Les frais qui pour chaque achat et chaque vente iront dans la poche du courtier ont une incidence non négligeable pour les petits montants, en rognant d’un côté comme de l’autre vos performances. Il faut tenir compte de l’impact sur la rentabilité des frais de courtage. De plus, cette incidence vous oblige à prendre plus de risques qu’avec un gros portefeuille, puisqu’un petit portefeuille oblige, pour dégager un minimum de gains, à prendre plus de pourcentages de plus value qu’un gros portefeuille qui pourra se satisfaire de quelques pourcents de gain.
On subit donc davantage de pression de performance lorsqu’on passe des petits ordres. 

Exemple (simplifié) : En partant sur une moyenne de 0,1 % de frais de transaction pour chaque ordre. 
Si vous disposez de 1000 euros et que vous achetez 10 actions à 100 euros, et que vous les revendez à 105 euros, soit avec une hausse de 5% du cours de l’action, votre capital passe de 1000 à 1050 euros. Mais vous devez déduire 20 euros de frais de courtage. Cela ne vous fait plus que 30 euros de gain. 
Ce gain net (30 euros), vous avez besoin d’une hausse de 5% de l’action pour le produire avec 1000 euros comme somme initiale. Si vous disposez de 10 000 euros, il suffit d’une hausse de seulement 2,3% pour produire ce même gain net des frais de courtage. 

Cet exemple de plus ne tient pas compte du fait que les frais de courtage sont en général dégressifs, plus le montant de l’ordre à exécuter est élevé et moins les frais sont (proportionnellement) élevés. Ce facteur supplémentaire accroît le risque qui pèse sur les petits portefeuilles versus les gros portefeuilles.  

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Le recours à l’effet de levier

Cette réalité de la sur-incidence des frais de courtage qui pèse sur les petits portefeuilles incite souvent à avoir recours au levier. Or, l’effet de levier est une arme à double tranchant qui peut devenir une arme financière de destruction massive !

En effet, si les gains sont démultipliés, les pertes le sont tout autant. Et le SRD permet de perdre plus que ce que l’on investit

On constate que plus les portefeuilles grossissent et plus le recours aux produits à effet de levier diminue. Les petits portefeuilles étant souvent détenus par des investisseurs débutants, le danger est important. Les turbos et autres warrants sont des produits dérivés à ne mettre qu’entre les mains d’investisseurs aguerris et dotés d’une forte capacité de réaction afin de pouvoir couper les pertes rapidement. 
Autrement, à vouloir être trop gourmand le risque est grand que votre portefeuille fonde comme neige au soleil. 

La difficile diversification 

Sans entrer ici dans le débat diversification versus concentration, un portefeuille investi sur une seule ou deux valeurs est plus risqué qu’un portefeuille diversifié sur au moins cinq lignes. Or, un petit investisseur aura du mal à répartir le risque avec plusieurs lignes d’actions différentes. Avec un portefeuille trop peu diversifié, la forte baisse d’une action aura un impact désastreux sur le capital investi.  

Adopter les bonnes stratégies avec un petit budget

Avec une somme de 2 à 5 000 euros investie dans un portefeuille en bourse (compte titre ou PEA), il faudra donc prêter une attention particulière aux points de vigilance susmentionnés.

Afin de ne pas perdre trop d’argent en faveur de votre courtier, il sera important de limiter les trades et de favoriser une position d’investisseur moyen ou long terme. Quitte à opérer quelques ajustements de temps à autre.
Afin de limiter l’impact des frais de courtage sur vos performances, nous recommandons également d’avoir quelques lignes de 1000 euros chacune plutôt que le double de lignes avec 500 euros par ligne. 
Cela permet aussi de mieux se concentrer sur les quelques entreprises dans lesquelles on investit au lieu de s’éparpiller avec trop de valeurs qu’on aura pas le temps de suivre toutes de près. 
A ce titre, on veillera à consulter régulièrement l’actualité financière générale et celle des entreprises dans lesquelles on place de l’argent. 
Apprendre à lire un graphique et à identifier les grandes configurations de base peut être judicieux, de même il faut utiliser les outils indispensables mis à votre disposition tels que les limites et les stops loss. (Surtout si vous décidez d’utiliser du levier). 
En ce qui concerne la diversification de votre portefeuille, que ce soit par zone géographique ou par secteur, à moins de 10 000 euros elle sera difficile. C’est pourquoi nous vous recommandons tout particulièrement l’achat de trackers (ETF) sur les grands indices (Cac 40, Nasdaq 100, …)  et/ou par secteur (énergie, matières premières, ...). Ils constituent un investissement dynamique (ils s’adaptent et évoluent) et plutôt sécurisé (ils ne disparaissent pas) sur du long terme.
Enfin, la méthode DCA (Dollar Cost Averaging) est plutôt souhaitable pour investir dans des trackers si vous comptez investir régulièrement et que vous souhaitez aplanir la volatilité de votre achat. Cette méthode permettra aussi de réduire le risque d’un mauvais timing concernant votre entrée.

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Dernière mise à jour le 07/06/22

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