Où placer son argent en 2019?

Où placer son argent en 2019?

L’année 2018 a été difficile sur les marchés (si l’on se place dans une optique acheteuse classique de type investisseur long terme). Qu’en sera-t-il pour cette nouvelle année 2019 ?

Voici un aperçu global des marchés sur 2018. Sur les indices actions aux États-Unis, le Nasdaq100 perd 2% et le S&P500 délaisse près de 8%. En France, le CAC40 lâche 12% tandis que nos amis allemands sont encore moins chanceux avec une baisse de 18%. L’Asie ne fait pas bien mieux : au Japon le Nikkei225 perd 12% et en Chine l’indice A50 baisse de 21%.

Si l’on regarde du côté des matières premières, rien qui puisse réjouir l’investisseur qui essaie de diversifier : l’or perd 2.5%. Sur le pétrole (courbe bleue sur le graphique) l’année 2018 se termine avec une chute annuelle de 24%. Sur cet actif, les variations ont été très volatiles, avec une baisse de 48% sur le dernier trimestre.

Enfin, sur les obligations, le 10 ans américain termine avec une hausse de près de 6%. Intéressant, mais cela ne pourra pas couvrir les pertes des marchés actions !

Les actions : profiter de la baisse

L’incertitude plane sur les actions. Les fortes baisses récentes ont effrayé certains investisseurs qui ont préféré vendre leurs titres. Quoi qu’il en soit, c’est sans doute le bon moment pour faire ses courses ! En effet, si l’on se place dans un optique long terme, les baisses sont très intéressantes. C’est le moment de rééquilibrer son portefeuille, de bien regarder les valorisations des entreprises, et trouver des titres décotés qui auront un bon potentiel sur 2019 et au-delà. Attention tout de même, la prudence doit prédominer. C’est pour cela qu’il faudra plutôt être très sélectif et fouiller l’univers global des actions pour repérer des titres prometteurs.

En effet, il ne faudra pas hésiter à sortir du cadre français. Peut-être analyser les entreprises nordiques ? Aller regarder ce qu’il se passe du côté des marchés émergents ?

Dans cette dynamique baissière et hasardeuse, le stock-picking est donc de mise et on délaissera sans doute les gros indices classiques.

Taux et matières premières

Les marchés des taux (donc obligations) et matières premières sont à scruter en 2019. En effet, la Fed avait commencé à élever ses taux en 2018. Va-t-elle continuer sur cette lancée ? L’économie américaine est-elle si solide que ça à court-terme ? Probablement… ou pas ! C’est un marché à ne pas négliger où de nombreuses opportunités seront à saisir. Là encore, il ne faut pas hésiter à aller fouiller dans les politiques monétaires des différents pays. Il n’y a pas que les États-Unis ou l’Europe qui jouent avec leurs taux directeurs.

Sur les matières premières, il y a le pétrole et l’or, certes, mais pas que ! Comme sur les actions, il serait bon de regarder plus en profondeur ce qu’il se passe sur l’énergie, les métaux et les matières agricoles. Ainsi on peut se pencher par exemple sur le platinum, le palladium, ou le blé, le maïs, ou encore le cuivre…

Trading et volatilité

En témoigne le VIX (volatilité liée au S&P500), la volatilité globale sur les marchés devrait être bien présente et relativement élevée en 2019. Cela est très bon pour le trading. Placer une partie de son argent sur des produits un peu plus risqués en 2019, par exemple 5 à 10% de son portefeuille, pourra ainsi s’avérer fructueux.

Les marchés regorgent d’opportunités. Les fluctuations amples permettent de faire de bonnes opérations. Lorsqu’on ne sait pas trop quel marché traiter, une première étape est de comparer les actifs en termes de volatilité. Ainsi on privilégiera les produits dont les variations donnent de nombreuses idées aux traders. Impossible de faire quoi que ce soit sur un marché plat et amorphe ! En revanche lorsque ça « bouge », à la hausse et/ou à la baisse, il y a de quoi s’amuser un peu...

Et les crypto-monnaies dans tout ça ?

Je ne les oublie pas… Le Bitcoin et les cryptos ont eu une année 2018 très difficile. Tout s’est écroulé. Les détenteurs et fervents croyants de ces nouvelles monnaies virtuelles ont serré les dents. Les débats font rage et la question brûlante sur toutes les lèvres est celle-ci : va-t-on revoir en 2019 (ou au-delà) une envolée flamboyante des prix ? Ou était-ce seulement l’histoire incroyable de l’année 2017, lorsque tout a explosé à la hausse ?

En d’autres termes, est-ce que les cryptos peuvent être considérées comme une classe d’actifs à part entière ou non ? Certains pensent que tout ceci n’est qu’une gigantesque escroquerie. Pour ma part, je pense que cela ne fait pas de mal de détenir un petit portefeuille de plusieurs crypto-monnaies : on ne sait jamais, on peut encore assister à une remontée dans les prochains mois, même si cela paraît peu probable dans la configuration actuelle.

Ne pas oublier l’immobilier !

Si les marchés chaotiques peuvent en effrayer quelques-uns, l’immobilier reste une valeur sûre. Avec du cash disponible on peut alors éventuellement faire un apport pour emprunter et miser sur l’investissement locatif. L’immobilier n’est pas miraculeux mais permet d’utiliser le levier ô combien appréciable du crédit. Il n’est pas en général pas très judicieux d’acheter cash des biens immobiliers, à part pour une résidence principale. Actuellement les taux sont encore très abordables. Il ne faut pas se priver.

Aussi, grâce à diverses stratégies, les rendements potentiels peuvent être bien plus élevés (et moins risqués) que ce que l’on peut attendre des marchés, surtout dans des conditions incertaines. Lorsqu’on a la possibilité d’emprunter à la banque, il ne faut pas hésiter à le faire. Au contraire, ne pas le faire serait une faute !

  Taux EXCELLENT Taux TRÈS BON Taux BON*
15 ANS = 1,05 = 1,19 = 1,40
20 ANS = 1,17 1,39 = 1,60
25 ANS = 1,25 1,58 = 1,80

En Bref

Pour 2019, les deux mots d’ordre sont « diversifier » et « sélectionner » !

Il vaut mieux, comme souvent, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. On utilisera donc les grands principes de l’allocation d’actifs : actions, obligations, matières premières… mais aussi immobilier.

Dans chaque catégorie je préconise ensuite la sélection de valeurs plutôt que le suivi de tendance globale : faire du stock-picking sur les actions et obligations, dénicher un bien immobilier en dessous du prix de marché avec des travaux à faire…

Enfin, garder tout de même du cash de côté tout au long de l’année afin de réagir si besoin et saisir les opportunités qui vont se présenter à coup sûr.

Dernière mise à jour le 07/01/19

Continuer cette discussion sur le forum