Mouvement de contestation des “gilets jaunes” prévu samedi 17 novembre

Mouvement de contestation des “gilets jaunes” prévu samedi 17 novembre

Le mouvement des “gilets jaunes” est un mouvement de contestation des automobilistes suite à la hausse du prix du carburant. Cette grogne s’est traduite à travers des pétitions en ligne et des appels à manifester, qui ont pris de l’ampleur au fur et à mesure des semaines pour atteindre leur apogée demain avec un appel au blocage général.

Ce mouvement est parti d'une première pétition en ligne, pour réclamer une baisse du prix des carburants. Cette pétition a rencontré un véritable succès à partir de mi-octobre, passant d'environ 400 signatures, à plus de 800.000 à ce jour. D’autres vidéos « coup de gueule » apparaissent sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce même phénomène. Apparait ensuite un premier appel au blocage, lancé sur Facebook. D’autres suivent, mais sans qu’une quelconque affiliation politique ne soit revendiquée.

Le gilet jaune est leur signe de ralliement, c’est la chasuble jaune fluorescente portée par les automobilistes en cas d'accident. Le but : dénoncer la hausse du prix des carburants, avec la suppression de la fiscalité réduite sur le gazole non routier ou encore la hausse de 6,5 cts par litre de diesel et de 2,9 cts pour l'essence au 1er janvier 2019, alors que les tarifs des carburants sont tirés vers le haut par les cours du pétrole. A cette revendication initiale s’en sont ajoutées d’autres, concernant les péages autoroutiers, les contrôles techniques ou le pouvoir d'achat... Pour le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, cette mobilisation:

« dépasse très largement le problème des carburants aujourd'hui, ce qui est en cause c'est le ras-le-bol fiscal. Ce mouvement spontané (...) exprime aujourd'hui cette colère fiscale que ressentent de plus en plus de Français ».

D’un point de vue politique, le Rassemblement national de Marine Le Pen, Les Républicains de Laurent Wauquiez, Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, ou encore les Patriotes de Florian Philippot soutiennent clairement ce mouvement, parti spontanément sur les réseaux sociaux. Mais tous les dirigeants de ces partis ne participeront pas aux blocages prévus samedi.  Jean-Luc Mélenchon s'est également dit solidaire du mouvement.

Les organisations syndicales sont plus embarrassées par ce mouvement avec lequel ils sont d’accord sur le fond mais dont la récupération par l’extrême droite les gêne. Du côté de la CGT aussi, on dénonce une « instrumentalisation » de « l'exaspération » au sujet de la hausse des taxes sur le carburant.

Le mouvement est plutôt soutenu dans l‘opinion puisque près des deux tiers des Français affirment soutenir ce mouvement, selon un sondage BVA pour la Tribune publié le 8 novembre.

Environ 1.500 actions sont attendues sur le territoire et seulement un peu plus d'une centaine auraient été déclarées, ce qui fait craindre aux autorités un "risque sécuritaire". En effet, le travail des autorités s’avère très difficile : dans certaines villes, il est impossible de savoir s'il s'agit de blocages ou de manifestations, ni combien de personnes seront mobilisées…" C'est un vrai casse-tête. Sans déclarations, les préfets ne peuvent pas faire une demande précise de renforts policiers, ni savoir combien de forces de l'ordre sont nécessaires ni où", selon une source policière.

Plusieurs préfectures ont de leur côté battu le rappel jeudi auprès des organisateurs, les invitant à se présenter à leurs services pour déclarer les rassemblements, comme la loi l'exige, rappelant les lourdes sanctions encourues dans le cas contraire.

A la veille du 17 novembre, il ne reste maintenant qu’à observer avec quel degré le mouvement des gilets jaunes sera suivi et quel en sera la suite.

Dernière mise à jour le 17/11/18

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