Témoignage: Interview d’un trader repenti

Témoignage: Interview d’un trader repenti

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ? 

Après avoir travaillé sept ans dans le monde du trading professionnel des matières premières, je m’occupe maintenant de former des particuliers au trading et à l’investissement. J’ai par ailleurs été très actif de façon personnelle sur les marchés actions et forex en parallèle de ma vie professionnelle, comme la plupart de mes collègues de l’époque. Ces expériences m’ont permis d’avoir une connaissance et un savoir-faire à la fois larges et précis. Savoir comment fonctionnent les acteurs du marché de l’intérieur est particulièrement intéressant pour son trading personnel. 

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir un trader ?

A vrai dire j’y suis tombé par hasard. Après une formation d’ingénieur complétée d’un master en stratégie et finance, je voulais simplement commencer une carrière à Londres. Rien ne me destinait à devenir trader. En revanche j’étais intéressé par tout ce qui tournait autour des marchés financiers. J’ai été contacté par un chasseur de tête pour un poste dans une boîte à Londres de trading de matières premières. J’ai accepté sans hésiter. Tout à commencer là. Le reste n’est qu’une progression vers le métier de trader.

Sur quels marchés financiers préférez-vous investir ? 

Je distingue l’investissement du trading. En termes d’investissement, je mise sur un portefeuille diversifiés d’ETFs. Très peu sur des actions individuelles. Cela permet d’investir régulièrement et à long terme sans se soucier de la gestion. J’essaie cependant de miser sur des secteurs spécifiques ou des géographies précises. Je pense par exemple que le marché asiatique a beaucoup de potentiel et j’aime beaucoup le secteur de la santé. En ce qui concerne le trading c’est différent. Je recherche des marchés ou des produits avec une certaine volatilité qui permet d’optimiser les performances.

Comment définiriez-vous votre style de trading ?

Deux éléments sont primordiaux pour moi : la patience et le risque.

Tout d’abord je ne me précipite jamais. J’aime prendre le temps d’analyser et de me forger une vision précise. Ça ne veut pas dire que toutes mes idées sont gagnantes mais j’optimise mes chances de réussir. De la même manière j’agis sur le moyen voire long terme. Très peu de day-trading pour moi, encore moins de scalping. Cela demande trop d’effort et d’attention. J’agis donc sur des positions allant d’un à trois mois, peut-être plus. Après ça devient de l’investissement. Par ailleurs, je maintiens les risques au minimum. Je ne vois aucun intérêt à risquer plus que nécessaire. J’évite les gros leviers et les gros coups. 

Quel est votre meilleur/pire souvenir ?

Mon pire souvenir est très certainement une perte liée à un processus opérationnel qui a mal tourné. A mes débuts à Londres on traitait des produits physiques en énergie. Il y avait tout un système post-trade afin de transporter cette énergie au bon endroit. Une erreur humaine a fait que l’on a perdu une grosse somme d’argent. Heureusement ce genre de problème n’arrive pas en trading de produits financiers purs, en tout cas pas pour les particuliers.

Mon meilleur souvenir est sûrement une position gagnante sur du charbon lorsque j’étais trader dans une grande banque française à Paris. C’est assez basique comme émotion mais lorsque tout fonctionne comme on l’a prévu, le trading est simplement magnifique.

Si c’était à refaire… que feriez-vous différemment ?

Je ne changerai rien, ou presque. J’ai eu la chance de travailler dans des « vraies » boîtes de trading et en banque. J’ai pu voir le fonctionnement de l’intérieur et être au cœur des activités de marché. Ce que je changerais serait peut-être de commencer en trading personnel de façon moins « tête brûlée ». J’ai pris beaucoup de risque inutile à mes débuts sur mes comptes personnels. J’ai perdu de l’argent avant d’en gagner, mais on doit tous probablement passer par là pour bien comprendre la douleur des pertes !

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui désirent se lancer dans ce domaine ?

Si elles ont l’opportunité de travailler dans le monde professionnel, mon conseil serait de la saisir. Cela ouvre l’esprit et permet de voir les choses de l’intérieur. Peu importe le marché, actions, matières premières, obligations, devises… Pour les particuliers qui ont un autre métier, je pense sincèrement que sans formation c’est très difficile. Je prends toujours l’exemple de la plongée ou de l’escalade qui sont des activités potentiellement mortelles. Personne n’irait s’adonner à ces activités sans un minimum de formation. Le trading n’est pas différent. Ce n’est pas votre vie physique qui est en jeu mais votre portefeuille !


Si vous aussi vous désirez apporter votre témoignage, merci de contacter notre équipe.

Dernière mise à jour le 21/09/17

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