Sociétés de trading virtuelles: attention arnaques!

Sociétés de trading virtuelles: attention arnaques!

Placer son argent pour rapporter plus, cela n’a rien de dangereux. Cela se fait de plus en plus avec une quête du meilleur taux de placement, surtout quand on considère le taux sans cesse en baisse de notre bon livret A…
Mais certaines sociétés profitent de cette recherche du meilleur placement pour créer des sites Internet fictifs et arnaquer des milliers de personnes.
Comment s’y prennent-elles, comment fonctionnent-elles ?

Un fonctionnement bien cadré pour attirer la confiance du client

Ces mauvaises sociétés de trading fleurissent depuis quelques années sur le web, promettant à tout particulier, conseils et succès dans le placement dans tous types de valeurs : valeurs boursières, métaux rares…
A première vue, pour tout internaute, la bourse n’est pas quelque chose que tout un chacun peut appréhender avec faciliter, mais ces sociétés paraissent si sérieuses que petit à petit, on peut aisément s’y laisser prendre.

Tout va commencer par une publicité, par mail, sur un site Internet: on vous propose d’investir en bourse et de placer un peu de votre actif pour le faire fructifier rapidement.
Comme cela paraît trop beau pour être vrai, vous pouvez contacter ou être contacté par un conseiller, ou un courtier en ligne pour avoir des conseils. Le “professionnel” est toujours bien français, avec un nom français, Nicolas Desportes, Thomas Delacroix, Marie Bourgeois… On peut avoir l’impression de converser avec son banquier sans difficulté.
Cette personne va ensuite vous convaincre d’investir une petite somme, pour essayer… Et vous aide à choisir l’action cotée en bourse par exemple qui semble être la plus porteuse à ce jour. Quelques jours plus tard, votre investissement a doublé…
Dans ce processus, le client a toujours la même personne au bout du fil qui le conseille sur les valeurs boursières et surtout qui “tisse” un véritable lien de confiance au fur et à mesure. Après quelques jours, quelques semaines, le client va investir plus d’argent car cela fonctionne. Il peut, chaque jour, consulter son site Internet, voire une application sur son portable, pour voir les chiffres de la bourse (ceux du site) et constater que son capital augmente.

Rien ne peut présager qu’il s’agît d’une arnaque, de nombreuses vraies banques en ligne et établissements financiers fonctionnent sans voir leurs clients, la seule différence peut éventuellement être faite par les techniques de vente plus “agressives” des traders escrocs.
Mais au bout de quelques temps, lorsque la somme versée par le client devient suffisamment intéressante pour la société, le contact se brise totalement, le client voit son placement disparaître petit à petit sans pouvoir contacter son “conseiller” ni obtenir d’explication…

L’Autorité des Marchés Financiers traite depuis 5 ans de plus en plus de dossiers de réclamations et plaintes suite à ce type d’opérations.
En 2011, une centaine de plaintes étaient recensées, en 2014, 5000 et depuis le début 2015, plus de 10 000 appels sont déjà parvenus à l’AMF pour ce type d’arnaques.
On estime qu’en 2012, plus de 12 000 français s’étaient déjà faits avoir par ces sociétés avec une perte moyenne de 11 000 euros.
Ces sociétés fleurissent par centaines mais face à la réglementation de l’Europe et des organismes de répression des fraudes, ces sociétés ne sont pas localisées comme vos banques traditionnelles et s’exportent à l’étranger.

Comment existent ces sociétés de faux trading?

Pour être créées, ces sociétés ont d’abord une vitrine attractive avec un visuel très professionnel. En Bulgarie, certaines sociétés sont spécialisées dans la création de sites Internet pour autrui. Un bon logiciel avec un bon site Internet permet à n’importe quelle personne peu scrupuleuse de créer une société de trading virtuelle avec quelques milliers d’euros d’investissement. La société qui créée le logiciel et votre site Internet va également toucher un pourcentage sur les sommes qui seront versées par les futurs “clients”.
Ces sociétés ont tout prévues puisque certaines ont même un système de gestion des plaintes (hors relation client par téléphone) pour gérer les 90% de clients qui perdent de l’argent dans ces processus…
Une fois la société créée, il faut démarcher et appâter le client.
Au départ, ce type de société avait besoin de personnes parlant parfaitement le français, et d’autres langues tout en étant protégée juridiquement. C’est ainsi que l’Israël a vu fleurir de nombreux sites type “casino virtuel” (= on mise mais on n’est pas sûr de gagner..).
La législation israélienne protège effectivement le client israélien mais pas le client étranger en cas de litige.
De plus, l’Israël étant un carrefour de flux migratoires, il a été facile pour ces sociétés de recruter une main d’oeuvre internationale, y compris des francophones.
Face à la recrudescence de ces sites Internet, l’Union Européenne a donc fait interdire l’accès à ce type de sites Internet hors UE.

Aujourd’hui ces sociétés se sont donc déplacées dans le territoire européen pour poursuivre leurs activités, mais sans aller trop loin de l’Israël. A 200km de là, en Chypre, ce ne sont pas moins de 200 sociétés de “faux trading” qui travaillent sur l’île.
La France ne peut attaquer directement le pays pour ces fraudes, les deux états étant membres de l’Union Européenne, les plaintes doivent passer par les autorités des marchés.
L’AMF (Autorité des Marchés Français) a donc contacté depuis plusieurs mois le CYSEC (l’Autorité des marchés Cypriotes) afin que ces dossiers de litiges soient réglés. Mais cette dernière, en sous-effectifs, ne répond pas encore à ce jour aux appels de la France et laisse les victimes des arnaques non indemnisées.

Dernière mise à jour le 28/10/15

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