La France est connue pour sa cuisine, ses fromages, ses œuvres littéraires et artistiques… et sa forte fiscalité ! C’est un des pays, en Europe et dans le monde, où l’impôt sur les sociétés reste relativement élevé, à 25%. Certains pays européens comme l’Italie, la Belgique et Malte imposent eux aussi une fiscalité entre 25% et 30%. Il n’est pas étonnant que les entrepreneurs français, en particulier dans le trading, se tournent alors vers d’autres pays pour monter leur structure.

Au-delà de l’impôt sur les sociétés pur, la France se distingue aussi par de fortes charges patronales et salariales, parmi les plus élevées dans le monde. Par ailleurs, la complexité administrative française peut être lourde quelle que soit l’imposition. C’est également un élément à prendre en compte dans la création de son entreprise.

La réputation de la fiscalité française n’est pas nouvelle, et les études internationales récentes ne font que confirmer cette tendance.

⚠️ À retenir

Selon l’International Tax Competitiveness Index, la France se classe en dernière position parmi les pays de l’OCDE. Concrètement, cela signifie que son système fiscal est aujourd’hui considéré comme l’un des moins attractifs pour entreprendre parmi les grandes économies développées.

La France se classe en dernière position parmi les pays de l’OCDE en matière de compétitivité fiscale.
La France se classe en dernière position parmi les pays de l’OCDE en matière de compétitivité fiscale.

Comparatif des différents pays.

Fiscalité en France : quel est le taux d’imposition des sociétés ?

La situation en France est en réalité assez complexe à cause des exceptions, spécificités et types d’entreprise dont on parle, sans parler des niches fiscales dont peuvent bénéficier certains groupes. Pour des informations détaillées, aller sur le site de la direction générale des Finances publiques. En particulier, le taux d’imposition dépend du Chiffre d’Affaires et des Bénéfices de l’entreprise.

En pratique, le système fiscal français s’est simplifié ces dernières années. Le taux standard de l’impôt sur les sociétés est aujourd’hui fixé à 25%, avec un taux réduit de 15% applicable sur une partie des bénéfices des PME.

Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés en France ?

  • 25% : taux standard de l’impôt sur les sociétés
  • 15% : taux réduit pour une partie des bénéfices des PME

Malgré cette simplification, la fiscalité globale reste perçue comme élevée, notamment en raison des charges sociales et de la complexité administrative.

Quels sont les meilleurs pays pour créer son entreprise à l’étranger ?

« À l’échelle internationale, la fiscalité est devenue un levier stratégique majeur pour attirer les entrepreneurs. »

Face à ce constat, une question se pose naturellement :
existe-t-il de meilleurs environnements pour entreprendre ailleurs dans le monde ?

La réponse est sans appel : oui. Là où la France reste un environnement fiscalement contraignant, d’autres pays ont fait un choix radicalement différent : simplifier, alléger… et attirer les entrepreneurs. Une stratégie assumée, basée sur une idée simple : mieux vaut taxer moins, mais capter plus d’activité économique.

Dubai : un paradis fiscal pour les entrepreneurs ?

Dubai est souvent caricaturé, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans la plupart des cas, l’impôt sur le revenu est tout simplement nul. Pour les sociétés, la fiscalité reste extrêmement faible, généralement entre 0% et 9%.

Concrètement, cela signifie qu’un entrepreneur peut conserver une part massive de ses bénéfices, ce qui explique pourquoi autant d’indépendants, traders ou créateurs de business en ligne s’y installent.

Évidemment, ce modèle a une contrepartie : il suppose une vraie expatriation, et une structuration sérieuse pour rester conforme aux règles fiscales internationales.

Pourquoi Dubai attire autant d’entrepreneurs ?

  • 🔥 0% d’impôt sur le revenu : aucun prélèvement sur vos gains personnels
  • 🔥 0% à 9% d’impôt sur les sociétés : l’un des taux les plus faibles au monde
  • 🔥 Fiscalité ultra-compétitive : conçue pour attirer capitaux et entrepreneurs

Quel est le taux d’imposition des sociétés à Hong Kong ?

Dans la même logique que Dubai, mais avec une approche plus structurée, Hong Kong n’en reste pas moins un lieu privilégié pour créer sa société. Inlassablement classé parmi les meilleures économies au monde pour faire des affaires, notamment grâce à sa fiscalité simple et son environnement très favorable aux entreprises. Principale raison : une imposition très attractive de 8,25% sur les premiers bénéfices, puis 16,5% au-delà, avec possibilité d’imposition nulle sur certains revenus offshore.

PIB par habitant en 2026 par pays
PIB par habitant en 2026 par pays

Sur un ton encore plus sérieux et académique, des classements internationaux récents placent Hong Kong parmi les économies les plus compétitives au monde, confirmant son attractivité pour les entrepreneurs.

Autre point favorisant les entreprises implantées à Hong Kong : il n’existe pas de TVA. Enfin, les dividendes et intérêts ne sont pas taxés non plus. Inutile de dire que Hong Kong sait parler aux entrepreneurs.

Pour bénéficier de ces avantages fiscaux, la société doit être considérée comme « offshore » et respecter certaines conditions.

Conditions pour une société offshore à Hong Kong

  • ✅ Siège social à Hong Kong, sans présence physique locale
  • ✅ Aucun salarié basé à Hong Kong
  • ✅ Aucune activité commerciale sur le territoire
  • ✅ Aucun revenu généré depuis Hong Kong

Si un de ces points n’est pas respecté, la société est dite « onshore » et soumise au régime fiscal local (imposition à 16,5%). Dans ce cas, cependant, les taxes sur les plus-values, dividendes et gains en capital sont toujours nulles, tout comme les taxes salariales patronales et professionnelles.

Seul point délicat : les coûts de création d’entreprise en passant par un cabinet spécialisé sont logiquement plus importants que pour l’Irlande ou le Royaume-Uni. Ceci est évidemment à nuancer au regard du gain assuré en matière fiscale.

Estonie et Lettonie : un modèle fiscal intelligent

Dans un registre différent, les pays baltes ont choisi une approche plus subtile, mais redoutablement efficace. Ici, les bénéfices ne sont pas taxés… tant qu’ils restent dans l’entreprise.

Autrement dit, tant que vous réinvestissez pour développer votre activité, vous ne payez pas d’impôt sur les sociétés. La taxation n’intervient qu’au moment où vous décidez de vous verser des dividendes.

Ce système est particulièrement puissant pour les entrepreneurs qui souhaitent faire croître leur business rapidement, sans être freinés par la fiscalité dès les premières années.

Suisse : la stabilité avant tout

La Suisse adopte une approche différente. On n’est pas ici sur une fiscalité “ultra low cost”, mais sur un équilibre entre optimisation, stabilité et crédibilité internationale.

Selon les cantons, l’impôt sur les sociétés reste globalement modéré, souvent compris entre 12% et 20%. À cela s’ajoute un environnement économique solide, une administration efficace et une excellente image à l’international.

C’est typiquement le choix d’entrepreneurs déjà installés, qui cherchent à sécuriser leur structure plutôt qu’à maximiser chaque euro à court terme.

Bulgarie et Chypre : les outsiders européens

Moins médiatisés, certains pays européens offrent pourtant des conditions fiscales très compétitives.

La Bulgarie, par exemple, applique une flat tax de 10% aussi bien sur les sociétés que sur les revenus. Simple, lisible, efficace.

Chypre, de son côté, combine un taux d’impôt sur les sociétés de 12,5% avec des régimes favorables sur les dividendes et une bonne intégration dans les circuits financiers internationaux.

Ces juridictions sont souvent utilisées pour structurer des activités internationales, notamment dans le digital.

Portugal : un eldorado en perte de vitesse

Longtemps considéré comme l’un des pays les plus attractifs en Europe, le Portugal a progressivement durci sa fiscalité, notamment en mettant fin à certains régimes très avantageux.

Le pays reste intéressant dans certains cas, mais il n’offre plus l’avantage compétitif qu’il avait il y a quelques années.

Quel est le taux d’imposition des sociétés au Royaume-Uni ?

Dans un registre plus classique, la Grande-Bretagne applique une fiscalité progressive sur les sociétés, allant de 19% à 25% selon le niveau de bénéfices. La compétition avec l’Irlande est ouverte !

Au-delà de sa fiscalité relativement avantageuse, le Royaume-Uni reste un environnement particulièrement attractif pour créer une entreprise.

Pourquoi créer une entreprise au Royaume-Uni ?

  • ✅ Pays très libéral et pro-business : un environnement global favorable aux entrepreneurs
  • Réputation de Londres comme centre financier et d’affaires international
  • Création d’entreprise rapide et simplifiée (4 à 5 jours en moyenne)
  • Charges sociales relativement faibles

Au niveau des retenues à la source, le Royaume-Uni est favorable aux dividendes (fiscalité variable selon les cas). Pour les intérêts, le taux de prélèvement est de 20% pour les non-résidents. La TVA est de 20%.

Il est évidemment préférable d’avoir recours à une personne ou un organisme de confiance sur place pour effectuer ces démarches administratives et de suivi comptable.

Suite au Brexit, d’autres considérations rentrent évidemment en jeu, comme la place du Royaume-Uni en Europe, la valeur de la livre Sterling, etc. Néanmoins, créer sa société dans ce pays reste une solution intéressante et peu risquée.

Quel est le taux d’imposition des sociétés en Irlande ?

Dans la continuité du Royaume-Uni, l’Irlande s’est imposée comme une référence fiscale en Europe. La raison ? Une imposition sur les sociétés de 12,5%, qui en a fait pendant longtemps l’un des pays les moins taxés du continent (même si aujourd’hui certains pays comme la Bulgarie ou la Hongrie font encore mieux).

Ce n’est pas un hasard si, en toute légalité, de grands groupes mondiaux, particulièrement américains (Apple et Google en sont les exemples emblématiques), ont leur siège social européen en Irlande. Les grandes multinationales sont aujourd’hui soumises à un taux minimum de 15%.

Sur les retenues à la source, l’Etat irlandais retient 20% sur des dividendes versés à des individus non-résidents mais 0% si le versement est destiné à une société irlandaise. La TVA est de 23%.

Un élément non négligeable en faveur de l’Irlande est son appartenance à la zone Euro. Pour des entreprises françaises par exemple cela représente un avantage important.

Enfin, l’abondance de sociétés étrangères présentent dans ce pays font que les prestataires pour monter son entreprise en Irlande sont nombreux et abordables. Les coûts de création varient entre 200€ et 400€, parfois plus en fonction des services associés.

Comparatif des pays : où créer son entreprise pour payer moins d’impôts ?

En un coup d’œil : voici les principales différences fiscales entre ces pays.

Pays Impôt société Impôt revenu Positionnement
France 25% 0% - 45% Fiscalité élevée
Dubai 0% - 9% 0% Optimisation maximale
Hong Kong 8,25% - 16,5% 0% - 17% Fiscalité territoriale
Estonie / Lettonie 0% (non distribué) ~22% - 24% Croissance entreprise
Suisse 12% - 20% Variable Stabilité & crédibilité
Bulgarie 10% 10% Simplicité fiscale
Chypre 12,5% Optimisé Structuration internationale
Portugal ~21% Variable Moins compétitif aujourd’hui
Royaume-Uni 19% - 25% 20% - 45% Environnement business solide
Irlande 12,5% (15%) 20% - 40% Fiscalité attractive en Europe

Mais une chose est certaine : à l’échelle internationale, la France n’est plus aujourd’hui le choix le plus compétitif pour entreprendre.

💡 Ce qu’il faut comprendre

Il n’existe pas de “meilleur pays” universel. Certains sont idéaux pour maximiser ses revenus personnels, d’autres pour développer une entreprise sur le long terme. Tout dépend de votre stratégie.

Quel pays choisir pour optimiser la fiscalité de son entreprise ?

Au terme de cette analyse, une chose ressort clairement : il n’existe pas de “meilleur pays” universel pour entreprendre à l’étranger.

Certains territoires comme Dubai ou Hong Kong permettent une optimisation fiscale maximale, avec une imposition très faible, voire inexistante sur certains revenus.

D’autres, comme l’Estonie ou la Lettonie, proposent une approche plus intelligente, en favorisant la croissance de l’entreprise avant sa taxation.

Des pays comme la Suisse, le Royaume-Uni ou l’Irlande offrent quant à eux un équilibre intéressant entre fiscalité, stabilité et crédibilité internationale.

Enfin, certaines juridictions européennes comme la Bulgarie ou Chypre misent sur la simplicité et des taux attractifs pour séduire les entrepreneurs.

Autrement dit : le bon choix dépend avant tout de votre stratégie, de votre activité et de votre situation personnelle.

Mais une réalité s’impose : à l’échelle internationale, la fiscalité est devenue un levier stratégique majeur, et la France n’est plus aujourd’hui le territoire le plus compétitif pour entreprendre.

Enfin, quel que soit le pays choisi, une règle reste essentielle : si votre résidence fiscale demeure en France, vous devez déclarer vos revenus et vos comptes à l’administration fiscale française.

En pratique, optimiser sa fiscalité passe donc souvent par une démarche plus globale : structuration internationale, expatriation et stratégie à long terme.